Becoming plant-witch-machine – Gynaecological TransHackFeminism and joyful dystopia

https://www.clickfestival.dk/becomingplantwitchmachine

witch1

Tinker our machines in order not to have to go to the lab dissecting our body liquids, do our own biopsies, colour our urine, look at our uterus tissues as something less familiar than our kitchen. Bio-electro chemistry experimentation. Radical self-power.

Enhance our perception abilities, using our body as a constant experimentation feld. Thank the frog allowing us to know the result of our pregnancy test. Mutualise all these knowledges, make them public and reachable. Transform the speculum or other electro-simulation devices into objects of pleasure and hack it all.

 Give birth, abort, get high, bleed, rest. Medical and pharmaceuticals not only is an highly powerful biotechnological industry. Rather, one should not forget than all pharmacopeia are based on knowing plants, taking care of them, distil, mix, infuse, burn, and compact them.

To keep in touch with some of our cells, our fuids and the world, we do not consider plants as sole food resources or treating active principles repositories. Luckily plants do come pick us up and they don’t beat around the bush!

 Based in scientific methodology and discipline and in the knowledge that comes thought the experience of each body, ancestral body wisdom. Like this other gynepunks will ferment and mutate going fast forward to a explosive and expansive movement towards radical experiments, collective strong confidence, to build our-body politics. Something that is Vital to share and spread in infinite pandemoniums.

Performers: Klau Kinki (Gynepunk), Paula Pin (Pechblenda) and Aniara Rodado will be gathering for installation and performance around DIY-DWO gynaecology whith a special gests, sound artist Oscar Martin physics artist  Jean Marc Chomaz for Shadows

 

wicht2

une proposition pour 0.Camp (culture numérique et enjeux de l’Anthropocène)

AniaraZeroCamp

     Photo Julien Bellanger CC BY 2.0

« Il ressentit des signaux dans les doigts des deux mains. Il arracha la plante et l’amena enveloppée dans des petits feuilles. » GUAMBIANOS: HIJOS DEL AROIRIS Y DEL AGUA
Abelino Dagua Hurtado, Misael ArandaLuis Guillermo Vasco. 1

On dit que les plantes viennent te chercher et que par ces temps de catastrophes et d’excès humains elles ne tournent pas autour du pot, elles t’appellent et en quelque sorte te montrent le chemin à suivre. Heureusement, car j’en peux plus d’être guidée que par les humains, moi comprise.

Depuis un certains temps, dans mon travail chorégraphique, je me demande comment faire pour toucher le corps des spectateurs qui assistent à nos pièces, sans leur faire sentir qu’ils doivent répondre, sans les appeler par leur nom et sans devoir faire appel à des ordres ou d’autres gestes directs et dialectiques.

Je sens que la co-présence, l’interactivité et l’immersion sont des clefs pour que cela arrive, mais je suis fatiguée de constater que ces concepts sont inévitablement associés au sens de la vue, en laissant de côté d’autres vecteurs sensoriels.

Je suis aussi souvent lasse que, lorsque je dis travailler avec des technologies, l’on ne pense qu’à des logiciels et de l’électronique ou des laboratoires avec des microscopes et que, lorsque je parle danse ou chorégraphie, on se limite à les associer à la représentation scénique et au corps humain.

Voici quelques unes des raisons pour lesquelles j’ai un jour couché par écrit une idée dans laquelle l’immersion pourrait être favorisée par des plantes et les technologies à utiliser seraient la distillation ou d’autres systèmes pour les transformer. Je souhaitais que les plantes aient un rôle important dans l’interactivité 2, afin d’essayer de placer ce concept au-delà du dialogue narcissique rempli de simulations, dans lequel nous nous engageons si souvent avec des machines qui répondent peu ou prou comme nous l’attendons lors qu’elles sont programmées.

Pour Transmutation de base, je voulais imaginer des dispositifs dans lesquels nous pourrions être ensemble dans le même écosystème et non pas simplement assister à un spectacle. S’agit-il d’un pas à ma petite échelle pour imaginer des processus post-anthropocentristes ?

plus d’information sur 0.Camp-Artlabo: http://artlabo.org/0/


1 GUAMBIANOS: HIJOS DEL AROIRIS Y DEL AGUA Coautoría con los taitas guambianos Abelino Dagua Hurtado y Misael Aranda CEREC/Los Cuatro Elementos/Fundación Alejandro Ángel Escobar/Fondo de Promoción de la Cultura del Banco Popular, Colección Historia y Tradición Guambianas, Nº 5, Bogotá, 1998.
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2 « L’interactivité est un mot composé de la préposition « inter » (« entre ») et du nom commun « activité » (évoquant un état d’excitation). Il faut attendre le XIX° siècle pour lire le mot interactivité d’une seule pièce et l’adjectif interactif dans l’ouvrage Recreations in Astronomy de Henry White Warren (1879) sur les influences réciproques des atomes. Il n’est pas surprenant de trouver l’interactivité dans le contexte de l’astronomie et de la physique des corps. En effet, on sait comment Immanuel Kant exprimait déjà une idée analogue d’influence ou d’action réciproque en parlant de Wechselwirkung, traduisant l’une des expressions de la gravitation des corps célestes d’Isaac Newton1. Kant généralisera ce terme à la société pour rendre compte de l’attraction/répulsion des forces humaines au principe de la « communauté » qu’ils forment (cf. Kant, 1995, p. 242). Kant privilégie le sens néo-platonicien du principe de communauté, renvoyant implicitement à ce que Newton nommait l’actio in distans, action de l’environnement naturel sur les êtres humains (cf. Fink, 1981,p. 75).” Christian Papilloud, « L’interactivité », tic&société [En ligne], Vol. 4, n° 1 | 2010, mis en ligne le 04 août 2010, Consulté le 11 octobre 2012.
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crimes sans victimes

Aniara_Crimes_2                                       Photo Gabriel Roman CC BY 2.0

Quelle est la frontière entre l’offense et le préjudice? La danse et son mécanisme inhérent entre présence et représentation est particulièrement concernée par des dichotomies telles qu’érotique/pornographique, bon goût/mauvais goût, protection/liberté, etc. Crimes sans victimes est une exploration des contours de la morale et de la censure.
Dans cette pièce, les questions liées à la représentation de la sexualité humaine sont des vecteurs pour la mise en abyme d’une société qui, sur le plan médiatique, se plaît dans une ultra-sexualisation bien codifiée et qui semble pousser vers une standardisation des expressions singulières de l’érotisme.
Crimes sans victimes cherche à se glisser dans ces espaces d’où émane la perception inconsciente, et à y déceler des zones de liberté sensorielle.

Aniara_Crimes_1                                         Photo Gabriel Roman CC BY 2.0


Direction et chorégraphie Aniara Rodado

Danseurs Aniara Rodado, Clement Aubert

Création sonore et design interactif version 2013: Noish(x) Oscar Martín

Musique, création sonore et design interactif version 2014 : Marco Antonio Suarez Cifuentes

Concepteur lumière et design interactif : Olivier Heinry

Concepteur Biosensors box : Andrés Burbano

Administration : Merryl Messaoudi- CrossedLab

Crimes sans Victimes est une Production de la compagnie Aniara Rodado en coproduction avec Le Manège.Mons/CECN. Avec le soutien de L’Estruch –centre de production et de création artistique, Sabadell. Avec le soutien de la Région Rhône-Alpes dans le cadre du fond SCAN (Soutien à la Création Artistique Numérique) et de L’ENSBA-Lyon. Crimes sans victimes a bénéficié d’un accueil en Studio au CCN d’Orléans.

Une généalogie bâtarde pour des médias zombies ?

Aniara_BeyondDance

Image du livre Rehearsing Collectivity: Choreography Beyond Dance de Franco, Berardi Bifo; Carlo, Tina di; Brandsletter, Gabriele Author Published by Argobooks, Germany(2012)

We find Ghazala’s explorations similar in spirit to media archaeology and propose a stronger articulation of media archaeology as an art methodology—and furthermore not only an art methodology that addresses the past, but one that expands into a wider set of questions concerning dead media, or what we shall call zombie media—the living dead of media history [15] and the living dead of discarded waste that is not only of inspirational value to artists but signals death, in the concrete sense of the real death of nature through its toxic chemicals and heavy metals.

Zombie Media: Circuit Bending Media Archaeology into an Art Method

Garnet Hertz and

Jussi Parikka

Mon rapport aux technologies au sein de mon travail artistique semble déterminé par deux facteurs : le fait d’être chorégraphe et le fait d’être née dans ce qu’on a tant appelé le tiers monde. Le premier conditionne mon attention à des questions comme les relations entres les corps, les machines, la perception, le mouvement et l’espace. Le deuxième combat ma possible fétichisation des outils technologiques, en me rappelant qu’une bonne partie de l’humanité n’a pas accès à tout cela ou que les ravages écologiques que nous constatons aujourd’hui sont aussi accélérés par les modèles actuels de production et distribution de « nos machines ». Les deux ont en commun le fait de s’insérer dans des écosystèmes médiatiques, des matérialités et des subjectivités très complexes.

Je souhaite donc me situer, dans cette auto-réflexion publique, dans cette filiation bâtarde, métisse et hautement affective.

J’aime l’intensité du moment où la vidéo s’anime avec les présences sur scène, l’instant où les capteurs m’informent sur le niveau d’oxygène d’un lieu, sur la vitesse d’un geste, quand le danseur ne sais plus si c’est lui qui performe ou si c’est la machine qui est en train de le performer, quand les spectateurs sont suivis par le son ou ébloui directement par la lumière, quand les machines me permettent de les toucher littéralement ou d’échanger avec eux hors de mes frontières physiologiques.

Je ne cache pas que souvent je me laisse emporter par la fascination des signaux électriques véhiculés par des appareils électroniques, et je pense que c’est parce qu’il s’agit d’un flux qui se réactualise et existe dans un intervalle de temps, dont la survie ou disparition semble si fragile. Tout pareil qu’avec mon corps, tout pareil qu’avec les relations humaines, les écosystèmes, les aléas des rapports avec l’équipe d’une création, l’obsolescence, les formats incompatibles, les défauts des machines, l’interdépendance avec mes collaborateurs, la précarité des moyens de production.

Sans doute suis-je conditionnée par le fait d’avoir démarré ces pratiques dans des hackers spaces et autres labs, qui a priori ne sont pas réservés à la danse ou à la performance, et où justement pour cela la transdisciplinarité semble s’imposer – pas toujours avec de bons résultats ou de bonnes pratiques mais cela est une autre histoire… Ces lieux vouées à l’appropriation technologique sauvage et à la résistance politique, où souvent l’erreur est glorifiée et où l’on a l’habitude de fêter les premières lignes de code d’un néophyte, de se réjouir d’une machine presque morte qui maintenant refait du bruit ou d’habiter un réseau social qui ne sera jamais aussi stable qu’on voudrait ; de s’engager parce que les technologies numériques-électroniques ne sont pas de dons du ciel mais des produits bien ancrés dans l’industrie militaire, le furieux capitalisme et le contrôle du vivant.

Et puis il y a aussi le software et hardware libres, ainsi l’ openWetWare, inspiration de ce qu’on aime appeler la culture à code ouvert et qu’implique qu’au delà d’ouvrir les machines et les codes informatiques, notre travail et les connaissances qu’il génère doivent se lancer dans un devenir qui avec un peu de chance les sauvera de la fossilisation du copyright, violant à jamais l’impénétrabilité de l’auteur, faisant de petits bâtards partout. Je ne sais pas pour vous mais moi, je trouve cela très séduisant.

Le rapport aux médias électroniques dans mon travail est donc nourri de cela, et ma pratique est hantée par l’accumulation d’un joli lot des codes sources qui fonctionnent correctement et qui soudain deviennent inutilisables, car écrits par une personne qui a quitté à jamais le projet en les laissant mal documentés, ou écrits d’une façon trop personnelle pour que quelqu’un d’autre puisse s’en servir. Je me souvient aussi de codes qui marchent parfaitement sous linux dans une vielle machine et ne répondent pas sur un mac à cinq processeurs. J’ai eu aussi de la musique jouée en direct qui ne peut plus faire partie de l’œuvre puisque le compositeur est parti vivre à Madagascar. Et des archives corrompues dans une séquence d’images qui devient irrécupérables car la source se trouvé dans un compte Youtube qui a fermé, et je n’ai plus de copie après que le disque dur soit tombé de la table en se taisant pour toujours. J’ai fait aussi de performances via streaming pour me rendre compte à la fin que l’appareil censé les enregistrer était débranché. Etc., etc.

Alors que faire avec tout ses accidents qui déconstruisent à jamais la pièce, qui font d’elle un artefact archéologique avant terme? Il faudrait tout réécrire ? Arrêter de jouer la pièce ? Remplacer le morceau qui manque ? Engager un autre compositeur ? Peut-être dois-je juste laisser l’erreur couler, exhiber le vide comme dans une antiquité qui n’a pas encore été restaurée ? ou faut-il attendre que cela devienne « vintage », « fétiche » et donc « tendance »?

Devenir zombie, une clef méthodologique pour la recherche en art ?

Des artefacts, des matériels trop capricieux, trop éphémères, trop puissants qui s’imbriquent dans des processus de création et de recherche, c’est à dire dans un système de production de connaissances. Une matérialité qui résiste – car il n’y a pas de vers pour manger les machines – et qui cependant semble avoir du mal à trouver sa place pour tisser la mémoire sans la fixer, sans qu’elle perde sa capacité performative.

« En somme, les « médias zombies » renvoient au fait que la quantité de matériaux toxiques et dangereux pour l’environnement qui composent les artefacts technologiques des médias engendre des déchets qui posent un problème environnemental énorme, un problème de vie. En ce sens, les médias ne meurent jamais ; ils peuvent être abandonnés, devenir obsolètes, mais ils ne meurent pas. Ils reviennent nous hanter sous les traits de la crise écologique. D’autre part, de façon plus positive, les « médias zombies » rendent possibles la réutilisation et le remixage, et permettent de repenser les médias anciens pour produire de nouveaux assemblages, idées, dispositifs et usages. Ainsi nous suivons l’intérêt expert de Garnet Hertz pour la culture du bricolage (Do it yourself, DIY) – faite de bidouillage de circuits et de piratage de matériel – et nous l’articulons à la façon dont de telles pratiques peuvent relever de l’archéologie des médias – des médias anciens transformés en nouveaux médias ».1

Je considère que la notion de « médias zombies » développée par Hertz et Parikka ouvre des pistes à explorer dans mon travail mêlant recherche et création. Je ne fait pas seulement référence au bidouillage des appareils pour leur donner une « seconde vie » mais j’imagine prendre ces « vestiges » littéralement comme des « objets à penser » en les intégrant activement dans des processus de réflexion et de documentation qui puissent mettre en évidence le complexe système de production de connaissances et de création auxquels ils ont participé. Je parle donc de contempler, observer, réfléchir, s’arrêter par moments de produire des pièces ou de les recréer, afin extraire ce qu’elles ont à nous dire au-delà de “l’objet artistique” pour partager ce que nous arrivons à saisir.

Une autre avantage de ce « devenir zombie » est de changer l’emplacement des mines tout en faisant écho à la matérialité des nos machines. Il s’agit de creuser dans nos corps, nos expériences, notre intuition et nos exercices de pensée. Par exemple, à la manière proposée par l’artiste chilien Cristian Espinoza qui, empruntant cette phrase aux alchimistes, appelle à “l’extraction minière céleste“2 :

« Notre civilisation électromagnétique a rempli tout l’éther d’émissions qui rebondissent jusqu’à l’infini, tissant l’invisible dans toutes les directions, pénétrant tous les systèmes nerveux des organismes et les utilisant comme surface d’enregistrement, comme des bandes magnétiques qui s’écrivent et se ré-écrivent une fois après l’autre. Mais qu’est-ce qui reste inscrit dans les corps ? Et quelles psychokinésies3 sont-elles trainées par ce magnétisme qui ondule dans l’invisible ? » 4

Ce travail est cependant un travail lourd, aveugle, souvent non inclus dans la valeur commerciale de l’œuvre et chronophage, mais il peut nous aider à réduire notre volume de production, et peut-être contribuer à briser l’idée d’une progression collective et pleine de clichés d’époque dans l’histoire des arts dits « médiatiques ».

Si moi ou d’autres prenons cette voie, il nous faut tenir compte de celui qui est en face, celui à qui l’on s’adresse. Nous allons donc devoir documenter et libérer le code source de l’œuvre, ses conditions de production, sa généalogie, ses accidents, ses difficultés. Sans se soucier de la survie de « l’œuvre d’art », changer de medium et peut être passer par la parole pour contribuer par un autre mode à élargir la conscience, la perception et la pensée de notre espèce. 

Voilà un détour qui donne la possibilité d’altérer toute la chaîne de consommation en réduisant peut être notre exigence de matériaux toxiques, rares, extraits dans de méchantes mines à ciel ouvert, là où nous n’allons pas, même si la terre, l’atmosphère, les sols, les micro-organismes et l’eau connaissent mieux que nous ce que veut dire circuler. Un pari comme un autre, mais à mon humble avis assez nécessaire si on pense en termes post-anthropocentristes.

Octobre 2014

(Ce texte fait partie de ma présentation lors des Journées d’Archéologies des média Pamal, DatAData, nhumerisme ENS amphi Descartes Lyon-France.)

1Paloque-Bergès Camille, Traduit par Turquier Barbara « Pour une archéologie des virus. Entretien avec Jussi Parikka », Tracés 2/ 2011 (n° 21), p. 235-247 http://www.cairn.info/revue-traces-2011-2-page-235.htm.

2Vérifier note

3« La psychokinèse ou psychokinésie (PK) est l’hypothétique faculté métapsychique d’agir directement sur la matière, par l’esprit. C’est un mot introduit par Joseph Banks Rhine (…) » https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychokinèse

4Espinoza Cristian, PROYECTO RUIDO DE FONDO
RF_1.1. Minería Celeste. Publiée dans le blog de l’artiste le 12/07/2015, Fragment traduit de l’espagnol par mes soins. https://fabulasmecanicas.wordpress.com/2015/06/12/rural-scapes-rf_1-1-mineria-de-ruidos/

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Le projet Estárter, encourage la création aux frontières de l’art, de la science et de la technologie, reliant différentes communautés de savoir, afin de favoriser l’échange, la circulation et le travail collaboratif entre artistes colombiens et étrangers lors de résidences croisées.
Ces résidences sont axées sur des explorations de recherche-création, liées au contexte et aux rencontres. Nous proposons à un groupe d’artistes de travailler en équipe dans un pays étranger sur des projets communs, avec le soutien des artistes et des publics du pays d’accueil et sous le paradigme de la culture libriste.
Estárter # 1 et # 2 ont été réalisés en Espagne et en Colombie. Estárter # 3 en Indonésie .

aniara_estarter2


Estárter # 3 a fait partie du plan colombien de promotion culturelle à l’étranger, du ministère des Affaires étrangères de Colombie, avec le soutien de HONF et CommonRoom, Indonésie. Estárter # 1 et # 2 ont bénéficié du soutien de l’Ambassade de Colombie à Madrid, L’Ambassade d’Espagne à Bogotá, Medialab Prado et Hors limites-Madrid.

 

una vuelta al Sur

Escrito en 2012 por  Tatiana AvendañoCamilo Cantor y Aniara Rodado

aniaraLabsurlab5                                                                                                                Photo Luis Perez CC BY 2.0

 

Una vuelta al Sur por la construcción y evolución de maneras de acción colectiva. Hacia la experimentación y transformación de procesos sociales, a través de la apropiación y la creación en los intersticios de la ciencia, el arte y la tecnología.

labSurlab (lSl) es un escenario de confluencia, diálogo,  creación y producción de conocimiento entre iniciativas y proyectos, que se están gestando en torno a la cultura libre, el arte, la ciencia, la tecnología, el software libre y las comunidades, con el fin de tejer una red de redes en Latinoamérica conectada con el mundo.

Esta red, en constante construcción, tuvo su primer encuentro en el Museo de Arte Moderno de Medellín en el 2011. Allí nos dimos cuenta de que propiciar encuentros y estar juntos -en un mismo espacio-tiempo- permite la reverberación física y química de los cuerpos, ideas y sueños que se reconocen unos a otros, potenciando las posibilidades de intercambio y co-creación, en un aprendizaje constante que tiene el reto de hacer efectiva la afirmación de: “el lab es la red”.

lSl se ha soportado en herramientas de comunicación en red (n-1.cc, lorea, canales irc, foros, canales de streaming, entre otros), y aunque somos conscientes de las dificultades de la participación en estos medios, animados por la sinergia y el reconocimiento de problemas comunes, sabemos que debemos seguir aprendiendo y enseñándonos unos a otros. Trabajamos de manera intermitente, entre la certeza y el miedo a la creación colectiva, resonando en diferentes territorios, estimulando la emergencia de un tipo de organización distribuida y federada en diferentes latitudes, que encuentran en la red territorios libres para habitar de otro modo.

La latencia de esta red y la afirmación del carácter nómada del lSl hacen que en el 2012 el Centro de Arte Contemporáneo de Quito sea la sede temporal de este meta-laboratorio, en una apuesta por la creación de nuevas relaciones entre instituciones y prácticas de autogestión.

El Centro de Arte Contemporáneo, más allá de ofrecer su fuerza de trabajo y espacio, reafirma con su apoyo que estos procesos vivos no pueden ser ignorados, pues han entrado definitivamente al museo, a los centros de arte, y que sin estas iniciativas no es posible entender los procesos culturales el día de hoy.

La participación, los silencios y la experiencia/aprendizaje de trabajo en red de la comunidad nos hacen pensar en la posibilidad colectiva de un giro perceptivo, una de-vuelta al Sur: Hoy nos acercamos a La Minga como un mecanismo ancestral de trabajo colectivo, para la consecución de un objetivo común que está por encima de cualquier bien individual. Se trata de una práctica ancestral que implica el desafío de superar egoísmos, protagonismos, desconfianzas, prejuicios y envidias; males que regularmente acechan al trabajo colectivo y a la movilización social. Ser Minga implica aprender a escuchar y obedecer proponiendo. Es la conciencia de lo común como algo superior a lo particular, donde todo esfuerzo particular es fundamental.


fotograma completo principal

Aniara Faisceaux                                                                                                                                                                                                             Photo Jens Hauser CC BY 2.0

« La Colombienne Aniara Rodado, avec Fotograma completo principal, présente une des plus intéressantes performances. Le public s’installe par terre, à l’intérieur de l’espace exigu, cube composé de rangées d’écrans de projection transparents. Une danseuse est déjà au milieu du dispositif, dans une douloureuse posture toute en tension. Lorsqu’elle bouge, son mouvement anime des projections de photographies de Jenny Matthews représentant des femmes soldats. Violence des représentations et de leur impact physique et politique. Immersion, inconfort de l’assise, proximité avec la danseuse, le spectateur participe à cette modeste mais intense figuration du grand ballet des pouvoirs qui broient les êtres. Car cette décision de l’implication du spectateur par la chorégraphe est aussi politique. Lors de l’échange final, tous ces aspects seront renforcés par la volonté de parole donnée à chacun, et celle de dire que tous les logiciels utilisés sont libres et l’œuvre elle-même accessible à tous, reproductible et transformable »
Texte de Manuela Barros pour MCD

« Jeux vidéo, combats réels sur YouTube, films, publicités. Quel que soit le média, la guerre est toujours en représentation. Prix de la création au festival Bains Numériques, cette pièce audiovisuelle interactive d’Aniara Rodado, confronte le corps humain avec le son et les images de ces compositions esthétisantes, et néanmoins violentes, de la guerre.
Et joue sur les ambiguïtés entre fiction et réalité, vérité historique et création, archive et histoire privée. Troublant, éprouvant mais forcement nécessaire. »
Texte de Thierry Voisin pour TELERAMA


Concept, direction et chorégraphie: Aniara Rodado
Danseuse: Aniara Rodado (Première version dansée par Gina Castilla, David Guasgua)
Programmation et design interactif: Guillermo Casado, Luca Carrubba, Oscar Martin, Olivier Heinry
Vidéo création: Txalo Toloza, Aniara Rodado
Musique: Oscar Martin (Noish)
Scénographie: Rossella Gotti, Aniara Rodado
Construction: Yoann Cottet
Administration: Juliette Bompoint Mezzanine Spectacle

Collaboration spéciale a la création: Gina Castilla, David Guasgua, Francesca Mereu, Jay Barros, William Peña Vega.

Production Compagnie Aniara Rodado, coproduction Centre des arts d’Enghien-les-Bains, scène conventionnée pour les écritures numériques. Avec le soutien du DICREAM (dispositif pour la création artistique multimédia) NU’2S association pour la création, L’animal a l’esquena, Intermediae/Matadero, Free(k) Culture, Hangar Centre per a la producció i la recerca artística, Plataforma0 (LaBoral centro de Arte y creacion industrial)

Aniara_fotograma2                                                                                                                                                                                                                                 Photo Mathiew Soleil CC BY 2.0

                                                                                                                                                                                                           

labSurlab

aniaraLabsurlab4                                                                                    Photo Fundacion Karima Colombia CC BY 2.0

labSurlab (lSl) est un scénario de convergence, dialogue, création et production de connaissances entre projets développés autour de la culture libriste, l’art, la science, la technologie et les communautés afin de tisser un réseau de réseaux à échelle latino-américaine, connectée au monde.

Au sein de ce réseau, je suis particulièrement intéressée par le partage des expériences et la construction collective des outils et du matériel théorique en rapport à nos pratiques d’arts vivants avec de nouvelles/anciennes technologies, dans le contexte sociétal du Sud élargi.

Nous avons organisé deux rencontres, la première en 2010 à Medellín au Musée d’art moderne (MAMM) et la deuxième en 2012 à Quito, au Centre d’Art Contemporain (CAC).


labSurlab Rencontres Art, Communautés, Sciences & Technologies en Amérique Latine.

Texte apparu dans MCD #62 L’Europe des Media labs écrit par Aniara Rodado pour le réseau labSurlab

 Aniaralabsurlab2                                                                                                 Photo MAMM CC BY 2.0

Juin 2010. Au Medialab Prado de Madrid se déroulent les deuxièmes rencontres LABtoLAB réunissant des labs qui croisent réflexion et pratique, recherche et production, science et nouvelles technologies, art et société, dans l’esprit de la culture libriste. En parallèle, le projet Estàrter, axé sur les échanges entre créateurs numériques colombiens et européens, présente une exposition de quatre artistes colombiens dans l’espace de création indépendant Offlimits à Madrid. Ces mêmes artistes sont également « tuteurs » durant le workshop Interactivos? organisé par le Medialab Prado sur cette même période. Une opportunité d’ouvrir ces rencontres à des institutions, collectifs, structures indépendantes d’Amérique Latine, soit une centaine de personnes réunies dans l’open space du Prado… LABtoLAB envahi par l’esprit sudaka1 !

Portés par les dynamiques de travail et de réflexions proposées par les quatre labs européens initiateurs de LABtoLAB, les participants du Sud partagent aussi leurs points de vue sur les enjeux d’un medialab : production de contenus, relations qu’un medialab tisse avec les communautés auxquelles il appartient, etc. Malgré la qualité des échanges, force est de constater que les problématiques, réalités et modes de fonctionnement en Amérique Latine nécessitent un espace de pensée spécifique. Des mots tels que « précarité », « appropriation des technologies », « participation », « développement », nous interpellent : leurs sens semblent s’effriter en y réfléchissant depuis le Sud. Une table ronde s’improvise alors avec des représentants de divers hacklabs, hackerspaces, medialabs, collectifs qui agissent à partir et pour les territoires du Sud, et le besoin manifeste de construire un réseau émerge : dans la lignée de LABtoLAB, labSurlab se présente comme une plate-forme de dialogue ibéro-américaine.

A la suite des rencontres à Madrid, le mot lab et sa définition déclenchent d’abondantes discussions sur la mailing list [[k.0_lab]] qui depuis 9 ans permet, dans le contexte colombien, de partager et organiser tous type d’activités indépendantes et DIY (Dorkbot Bogota et Medellín). Pour ouvrir le débat au-delà des inscrits sur la liste, un groupe se crée en octobre 2009 dans le réseau social N-1, initiative du collectif Lorea2 qui établit ses développements technologiques sur la base de stratégies de recherches participatives et met l’accent sur les usages et besoins des collectifs et mouvements sociaux. Dans ce groupe labSurlab de N-1, des contenus, stratégies et équipes de travail commencent à se définir, s’élaborer. Une amorce de cartographie est également réalisée avec le projet Mapasur3 pour localiser et identifier les endroits où des sujets tels que l’art, le design, les festivals, les logiciels libres et autres savoirs en relation ou non avec la technologie sont à l’œuvre.

Cette dynamique permet à labSurlab de recevoir le soutien du musée d’art moderne de Medellín (MAMM) qui inscrit les premières rencontres de la plate-forme dans sa programmation. L’initiative fait en effet écho à l’intérêt porté par le musée aux expressions culturelles contemporaines. Le MAMM est envisagé comme lieu d’accueil principal de labSurlab et lieu de dialogue avec les institutions, artistes, collaborateurs et groupes de travail concernés dans la ville de Medellín. Dans un esprit d’échanges durables, des participants de LabtoLab sont impliqués activement dans les rencontres labSurlab.

Du 4 au 15 avril 2011, labSurlab souhaite mettre en avant des temps de rencontres et échanges artistiques où il sera question de communs, de femmes et technologies, de licences copyleft, de propriété intellectuelle… De manière collaborative, des groupes de travail produiront en parallèle différents matériaux sur les thèmes des réseaux et des labs, des arts vivants, des institutions, des archives et de la documentation, des sciences et des communautés. Avec cette première rencontre, le réseau labSurlab souhaite aussi révéler des espaces de pratiques qui se développent avec des communautés urbaines ou rurales chez les délaissés d’Amérique Latine. Faciliter l’échange et décloisonner les modes de faire d’ici et là est un des objectifs. Enfin une publication sera éditée afin de valoriser et accompagner les divers processus d’organisation collaborative déjà en œuvre au Sud.

A Medellín, par la confrontation, le dialogue, l’expérimentation et la création, le nouveau réseau labSurlab activera la recherche de ses propres espaces d’actions et de représentations.

1 Expression péjorative utilisée en Espagne pour faire référence aux personnes d’origine hispano-américaine

2 « Collectif informel de personnes inquiètes pour la liberté, la sécurité et la vie privée sur internet »